Par Josepha Favard, conseillère en immobilier à Treignac · publié le , mis à jour le
Sur du bâti ancien en granit, une mauvaise étiquette énergétique est la règle, pas l’exception. Elle n’interdit pas de vendre : elle change l’acheteur visé et la façon de présenter le bien.
Vendre7 min de lectureÉcrit pour le plateau de Millevaches et la vallée de la Vézère
Ce que le DPE mesure, et pourquoi le bâti ancien en pierre est désavantagé
Première chose, parce qu’elle explique tout le reste : depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, le DPE ne se
calcule plus sur vos factures. Le diagnostiqueur relève le bâti — murs, toiture, menuiseries,
ventilation, chauffage — et un calcul conventionnel en sort deux notes. Vous pouvez
ne chauffer qu’une pièce et vivre en pull : la lettre ne bougera pas.
Deux notes, et c’est la plus mauvaise des deux qui donne l’étiquette : la
consommation d’énergie d’un côté, les émissions de gaz à effet de serre de l’autre. Le bois
émet très peu : une maison chauffée au bois se fait rattraper sur la consommation, rarement sur
le carbone. Le fioul est pénalisé sur les deux axes — et les cuves n’ont pas disparu des caves,
à Chamboulive comme à Saint-Augustin. L’électricité est comptée en énergie primaire,
avec un coefficient qui la charge : des convecteurs dans une maison en granit non
isolée mènent à F ou à G presque mécaniquement.
Deuxième chose, que personne ne dit aux vendeurs : le calcul part de données climatiques,
corrigées selon l’altitude. Le même bien n’obtient pas la même note en fond de vallée à
Treignac et à sept cents mètres sur le plateau, du côté de Bugeat ou de Gourdon-Murat. La
saison de chauffe est plus longue en haut, et le calcul le sait.
Le bâti, enfin. Un mur de granit très épais garde le frais l’été mais n’isole pas : c’est la
résistance thermique qui compte, pas l’inertie. Ajoutez des combles jamais
isolés, du simple vitrage, une cheminée ouverte dans le cantou : voilà une grande partie
de ce qui se vend ici. À Variéras, les toits de chaume sortent des tableaux habituels —
demandez au diagnostiqueur comment il les a saisis. Sur du bâti ancien en pierre, F ou G n’est
pas un accident : c’est le cas le plus courant du secteur, et ce n’est pas une raison pour
brader.
Ce qui est obligatoire à la vente aujourd’hui, et ce qui ne l’est pas
Obligatoire : un DPE valide, réalisé par un diagnostiqueur certifié. Il vaut
dix ans. Attention au piège du tiroir : les DPE établis avant le 1ᵉʳ juillet 2021, sous
l’ancienne méthode, ne sont plus valables.
Dès l’annonce, les étiquettes énergie et climat doivent apparaître, avec l’estimation des
dépenses annuelles d’énergie. Pour un F ou un G, l’annonce doit porter la mention « logement à
consommation énergétique excessive », obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2022. Nous l’écrivons
en clair.
Le DPE est opposable depuis le 1ᵉʳ juillet 2021 : un DPE trop flatteur ne vous protège pas,
il vous expose.
Pas obligatoire, contrairement à ce qu’on entend : aucuns travaux ne sont imposés
au vendeur, aucune classe minimale n’est exigée pour signer, aucune interdiction de vendre un F
ou un G. Ce qui est encadré, c’est la location. Pour la liste exacte des pièces de votre
dossier de diagnostics, le notaire tranchera, et nous vous accompagnons pour les réunir.
L’audit énergétique réglementaire : quand il est exigé
L’audit énergétique n’est pas un DPE plus long. C’est un autre document : un parcours de
travaux par étapes, chiffré en ordres de grandeur, avec les aides mobilisables.
Il est exigé pour la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble d’habitation en
monopropriété classé F ou G depuis le 1ᵉʳ avril 2023 ; la classe E est entrée dans l’obligation
le 1ᵉʳ janvier 2025. Presque tout ce que nous vendons ici est une maison individuelle : la
question se pose donc presque à chaque mise en vente. Faites-la confirmer par le
diagnostiqueur : certains cas sortent de l’obligation.
Il se remet au candidat acquéreur dès la première visite et s’annexe à la promesse. Point que
beaucoup de vendeurs ignorent : l’acquéreur n’est pas tenu de faire les travaux
décrits.
Un conseil d’organisation : faites-le au même passage que le DPE, avant la première photo. Les
diagnostiqueurs qui couvrent Treignac, Chamberet, Bugeat et le haut de la vallée font de la
route : en janvier, un aller-retour se cale, il ne s’improvise pas. Nous nous occupons de tout :
nous commandons, nous ouvrons la maison, nous récupérons les rapports.
Treignac · le granit du bourg, et l’étiquette qui va avec
Location : les classes qui ne peuvent plus être louées, et le calendrier
Vous vendez, vous ne louez pas. Mais une partie de vos acheteurs sont des investisseurs, et
ce calendrier fixe le prix qu’ils peuvent mettre.
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé des échéances pour la location en résidence
principale, en France métropolitaine :
depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, un logement consommant plus de 450 kilowattheures d’énergie
finale par mètre carré et par an ne peut plus être proposé à la location ;
depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la classe G ;
au 1ᵉʳ janvier 2028, la classe F ;
au 1ᵉʳ janvier 2034, la classe E.
Deux précisions. Ces interdictions visent les nouveaux baux, les renouvellements et les
reconductions tacites, pas un bail en cours. Et depuis le 24 août 2022, le loyer d’un F ou d’un
G ne peut plus être augmenté.
Un mot sur la solidité de ce calendrier : il revient régulièrement en débat au Parlement, et
un assouplissement contre engagement de travaux y est discuté. Rien n’est promulgué à ce
jour — ce sont les dates ci-dessus qui s’appliquent. Faites vérifier où en est le texte avant
de vous engager.
Ce que ça change ici : un G habitable mais non louable se vend à quelqu’un qui vient y vivre
ou qui rénove, pas au bailleur qui comptait louer dès l’été. À Treignac, à Chamberet, à
Seilhac, il y a une vraie demande à l’année ; la saisonnière, autour du lac des Bariousses et
des Monédières, suit d’autres règles. Pas les mêmes acheteurs, pas le même argumentaire.
Les consommations réelles, l’argument qui rassure plus que l’étiquette
L’étiquette est un calcul. La facture est un fait. L’acheteur qui vient de loin veut les deux.
Réunissez ce que vous avez : les stères de bois d’une saison, les tonnes de granulés, les
litres de fioul, les kilowattheures du relevé annuel. Ces chiffres sont les vôtres, nous ne les
inventerons pas — mais ce sont eux qui rassurent. Donnez-en plusieurs années si vous les avez :
la saison de chauffe n’est pas la même dans le bourg de Treignac et sur le plateau, et un
hiver ne ressemble pas au suivant.
À une condition : la vérité. Une maison chauffée à mi-régime et fermée de novembre à mars
affiche des factures qui ne veulent rien dire pour une famille qui y vivra à l’année. Dites-le :
un écart découvert après la signature vous revient dessus.
Les travaux qui font gagner une classe, et ceux qui ne rapportent rien
« Est-ce que je fais des travaux avant de vendre ? » La question revient à chaque estimation.
Pas avant d’avoir chiffré ce que chaque poste rapporte : l’audit donne l’ordre des priorités
pour votre maison, pas pour celle du voisin. Et faites établir les devis par des
artisans d’ici : devant un acheteur, un devis signé d’un couvreur ou d’un chauffagiste du
secteur pèse plus lourd qu’un ordre de grandeur trouvé en ligne.
Ce qui compte vraiment ici, c’est presque toujours le même trio : les combles, le chauffage,
la ventilation. Des combles non isolés au-dessus d’un plafond ancien, c’est le poste où l’on
gagne le plus pour le moins cher. Des convecteurs ou une vieille chaudière fioul remplacés par
du bois, des granulés ou une pompe à chaleur — quand les émetteurs le permettent — déplacent
les deux notes à la fois. Et une maison isolée sans ventilation devient humide.
Le point sur lequel nous ne transigeons pas
Sur un mur de pierre ancien monté à la chaux, on ne pose pas n’importe quel isolant. Les
matériaux qui laissent passer la vapeur d’eau — chaux-chanvre, fibre de bois, liège, enduits
perspirants — sont ceux que les artisans du bâti ancien recommandent. Demandez au vôtre
d’écrire ce qu’il compte poser et comment le mur séchera : un doublage étanche sur du granit,
c’est du salpêtre quelques hivers plus tard.
Ce qui ne rapporte rien sur l’étiquette
La peinture, la cuisine neuve, la véranda : des arguments de visite, pas des lettres gagnées.
Les demi-mesures non plus — quelques fenêtres changées et les autres laissées, ou les murs
isolés et les combles laissés ouverts au vent d’ouest.
Les aides existent : MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro, les certificats d’économies
d’énergie, la TVA à taux réduit. Nous ne vous donnerons pas de montants, ils changent. Deux
réflexes que nous vous conseillons : l’espace conseil France Rénov’, gratuit et neutre ;
et la demande déposée
avant de signer le devis, parce qu’une aide demandée après le début des travaux est en
général perdue.
Le calcul le plus franc, pour finir : des travaux faits dans l’urgence ne se
récupèrent presque jamais en entier. Un dossier complet fait souvent plus
pour le prix.
Comment nous présentons un F ou un G pour ne pas déclencher la négociation
Nous ne cachons pas la lettre : elle est dans l’annonce, avec la mention obligatoire. Un
acheteur qui découvre un G sur le pas de la porte négocie ; celui qui le savait et qui a roulé
quand même a déjà accepté le principe.
Ensuite, nous mettons le reste à côté : l’audit et son parcours d’étapes, les consommations
réelles, les travaux faits avec leurs factures, le chauffage et ce qu’il coûte sur un hiver
d’ici, le débit internet vérifié à l’adresse exacte, l’assainissement, l’accès en février. Nous
remplaçons une lettre par un dossier.
Le prix, lui, se pose avec l’étiquette dedans, pas malgré elle. C’est la partie désagréable de
notre métier et la seule qui marche : un F affiché au prix d’un C ne trouve personne, encaisse
deux baisses, puis se vend moins cher qu’au prix juste tenu depuis le départ.
« Toujours disponible et très réactive, anticipant les démarches administratives, gérant les entreprises pour les diagnostiques DPE et autres. »
Philippe C — avis vérifié immodvisor, 12/02/2026
Enfin, nous choisissons à qui nous montrons le bien. Sur un F ou un G, l’acheteur naturel est
celui qui rénove, celui qui cherche une résidence secondaire et chauffe au bois, celui qui achète
d’abord la pierre et la vue sur les Monédières. Nous avons 56 ventes signées
sur ce secteur et des biens en ligne, et nous vérifions le financement avant la visite,
travaux compris.
Un F ou un G ne fait pas perdre une vente. Une étiquette découverte trop tard, si.
À retenir
F ou G, c’est la règle sur le bâti ancien en granit. Le DPE se calcule sur le bâti et sur le climat, pas sur vos factures.
Rien ne vous oblige à faire des travaux pour vendre. Aucune interdiction de vendre un F ou un G, aucune classe minimale à atteindre.
L’audit énergétique est exigé pour vendre une maison individuelle classée E, F ou G. Le diagnostiqueur le confirme pour votre bien ; à faire au même passage que le DPE, avant la première photo.
C’est la location qui est encadrée : G depuis 2025, F en 2028, E en 2034. Vos acheteurs investisseurs le savent déjà.
Sortez un dossier, pas une lettre. Audit, consommations réelles, factures de travaux, devis — et un prix posé avec l’étiquette dedans.
Josepha Favard
Conseillère en immobilier à Treignac — réseau Propriétés-Privées
Votre maison est classée F ou G ? Voyons ce qu’elle vaut vraiment
Une estimation offerte, sans engagement. Nous venons chez vous, nous regardons l’étiquette, les consommations réelles et les travaux déjà faits, et vous repartez avec un prix de mise en vente, la marge de négociation à prévoir et votre net — écrits.
Prix immobilier à Treignac : ce qui fait vraiment le prix
Deux maisons du même bourg peuvent valoir du simple au double. Voici les huit points qui font l’écart, et pourquoi le prix au mètre carré ne veut rien dire ici.
Résidence secondaire sur le plateau de Millevaches
Le plateau se visite en juillet et se vit en février. Avant d’acheter ici, il y a une poignée de questions à poser — celles que personne ne pense à poser en août.
Oui. Il n’existe aucune interdiction de vendre un logement classé F ou G, et aucune classe minimale à atteindre pour signer. Ce qui est encadré par la loi, c’est la mise en location. Un vendeur n’est tenu qu’à l’information : un DPE valide, les étiquettes dans l’annonce, la mention « logement à consommation énergétique excessive », et l’audit énergétique quand il est exigé.
Rien ne vous y oblige, et ce n’est pas toujours votre intérêt. On récupère rarement l’intégralité des travaux faits dans l’urgence quelques mois avant la mise en vente. Ce qui se défend mieux : un dossier complet — l’audit énergétique, des devis d’artisans du secteur, les factures des travaux déjà faits, les consommations réelles. Nous le regardons ensemble avant que vous engagiez le moindre euro.
Il est exigé pour la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble d’habitation en monopropriété classé F ou G depuis le 1ᵉʳ avril 2023, et la classe E est entrée dans l’obligation le 1ᵉʳ janvier 2025. Comme l’essentiel de ce que nous vendons ici est une maison individuelle, la question se pose presque à chaque mise en vente. Le diagnostiqueur vous le confirmera pour votre bien précis, et nous commandons l’audit en même temps que le DPE, au même passage.
Non. Un DPE vaut dix ans, mais ceux établis avant le 1ᵉʳ juillet 2021, sous l’ancienne méthode de calcul, ne sont plus valables aujourd’hui. Celui que vous avez dans un tiroir depuis la dernière vente ne servira pas. Envoyez-le-nous quand même : il nous apprend ce qui avait été relevé à l’époque.
Pour une location en résidence principale, en France métropolitaine : la classe G est concernée depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la classe F l’est au 1ᵉʳ janvier 2028 et la classe E au 1ᵉʳ janvier 2034. Les logements dépassant 450 kilowattheures d’énergie finale par mètre carré et par an sont exclus depuis le 1ᵉʳ janvier 2023. Ces interdictions visent les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites, pas un bail en cours. Un assouplissement de ce calendrier est discuté au Parlement, mais rien n’est promulgué à ce jour : faites-en vérifier l’état avant de vous engager.
Pas par lui-même. Ce qui fait baisser le prix, c’est une étiquette découverte trop tard, sans rien à côté pour l’expliquer. Affichée dès l’annonce, accompagnée de l’audit, des consommations réelles et des travaux déjà faits, elle devient une donnée du dossier parmi d’autres. Nous posons le prix avec l’étiquette dedans, pas malgré elle : c’est ce qui évite les deux baisses successives.